#2 Interview – Elsamuse

Elsa tout d’abord tu es une femme très suivie sur les réseaux sociaux et sur ton blog, ce qui te vaut l’appellation “influenceuse”. C’est comme ça que tu as démarré et que tu as créé ta communauté.

Aujourd’hui tu geres en plus deux entreprises, le Studio Mumuse : un studio de création spécialiste des stop-motions et Box DIY by Elsa Muse : créatrice de BOX DIY chaque mois dans notre boite au lettre.

Tu as tout d’une success woman qui ne cesse de nous inspirer par ta créativité.

Par Clara Delbergue

Quel est ton parcours ? Que faisais-tu avant ton blog ?

Pour commencer, en terminant mes études après le lycée, j’étais intéressée par des écoles créatives, j’ai été voir pleins d’écoles de design, d’infographie. J’aimais bien l’animation déjà, le stylisme. Je me suis finalement laissée orienter par mes profs, mes parents, et l’envie de réussir aussi vers une école de commerce. Donc j’ai fait 2 ans de prépa HEC puis une école de commerce à l’ESC Dijon et j’avais choisi une spécialité en marketing car c’était ce que je trouvais un peu plus créatif, un peu plus intéressant par rapport à l’éventail de métier qu’on proposait à l’école. Ce n’était pas la finance qui m’intéressait. Et après, j’ai fait des stages en marketing  développement : tu crées un produit de A à Z, tu crées le concept, puis tu travailles sur le packaging, la formule. C’est assez créatif donc c’était cool.

Puis, j’ai obtenu mon premier CDI dans une marque de cosmétique et je faisais ça. Mais c’était une petite marque, et c’était pas très créatif et je me suis vite ennuyée. C’est pour ça que j’ai créé le blog à côté, donc je faisais du Do It Yourself et c’était vraiment le début du DIY ainsi que le début du business dans les blogs. Et grâce à des plateformes qui relayaient DIY, j’ai vite gagné en notoriété.

Ensuite, j’ai rencontré le magazine Paulette. Au début je posais pour elles, j’étais beaucoup mise en avant dans chaque papier. Après, j’ai carrément eu une page DYI dans le magazine.

Tout cela m’a permis de gagner en petite notoriété et d’être repérée par des agences qui mettent en relation des blogueurs et des marques pour créer des contenus payants.

J’ai donc commencé à gagner un peu d’argent comme ça, j’ai créé mon statut d’auto-entrepreneur, à côté de mon CDI. J’ai un peu fait les deux jusqu’au jour où vraiment, j’en ai eu marre de mon CDI, de mon entreprise, marre du peu de libertés, de devoir rendre des comptes à des gens et donc je me suis dit « pourquoi pas me lancer dans le blog à plein temps ». Ils ont été gentils, ils ont fait une rupture conventionnelle, ce qui fait que j’avais le chômage donc pas trop de risques. Et voilà, c’était il y a un peu plus de cinq ans.

Quand et comment ça t’est venu le stop motion ? Le Studio Mumuse ?

C’est a partir de ce moment-là, je me suis beaucoup intéressée au stop motion, aux gifs, à l’animation. Il y avait l’application Vine qui était hyper en vogue à ce moment-là donc je m’amusais à faire des petits stop motion avec. Puis je regardais pleins de tutos pour essayer d’améliorer mes petits contenus pour les marques et pour mon blog et Instagram : je les faisais en gif.

De plus en plus de marques ont commencé à me contacter pour en faire des petites publicités, des petits contenus. C’est pour cela que j’ai créé le Studio Mumuse, pour séparer l’influence de la création parce que je voulais pas tout mélanger. Et ça c’était il y a 3 ans. Tout cela a grandi, mes revenus aussi. Je suis alors passée d’entreprise à une ERL où j’étais toute seule, c’était chouette, j’étais libre, je faisais ma petite vie, créative, mon petit métier rêvé.

Qui se cache derrière ce projet ? Tu as une équipe avec toi ?

À un moment, j’ai été très fatiguée car on me sollicitait beaucoup et j’avais envie de faire pleins de choses. Il y a un an et demi, un copain m’a présenté Pauline, qui est maintenant mon associée. Pauline était directrice marketing chez L’Oréal et qui avait envie dans un projet d’entreprenariat et elle avait pour rêve de lancer une marque à partir d’une communauté parce que chez L’Oréal elle travaillait sur des marques qui voulaient se créer une communauté et là elle voulait faire l’inverse.

Cela a directement matché, elle est très business, très structurée, organisée, tout ce que je ne suis pas.

L’arrivée de Pauline m’a aidé à contrer ma peur de me faire aider, parce que déléguer, manager, c’est pas mon truc mais maintenant on est 7 ou 8 avec pleins de petits talents créatifs qui m’aident à créer de jolis petits contenus, pleins de gens couteaux suisses.

Ensemble on fait une bonne équipe et très vite on a lancé les box de DIY et cela fait un an.

Explique nous le lancement des Box DIY !

Ça a été un chouette petit laboratoire pour explorer pleins de choses, à la fois la mode, la beauté et le développement personnel, et puis aussi pour connaître la communauté, parce que ce n’est pas facile de vraiment savoir qui te suit, donc ça nous a permis de récupérer beaucoup de données sur les gens et de voir ce qui marchait.

Et en fait, là la box on va l’arrêter en juillet, parce que c’est beaucoup d’énergie et de temps pour quelque chose qui est très peu rentable à moins qu’on en vende des milliers et des milliers mais là, on est loin de ça.

Donc là on va arrêter et on va lancer un nouveau projet en cours qui verra le jour l’année prochaine, une marque plus ciblée de cosmétique.

Quel est le projet dont tu es le plus fière pour l’instant ?

Il y en a plusieurs. Il y a la co-création quand Suze m’a demandé de faire sa bouteille en édition limitée pour Noël l’année dernière, c’était ouf parce qu’il y avait que des créateurs qui avaient fait ça avant et puis là, Elsa Muse, c’était ouf, c’était un super projet et j’étais hyper fière qu’on puisse me demander quelque chose comme ça.

Et après, mon autre projet dont je suis super fière : je suis allée à Cannes l’année dernière. L’Oréal Paris m’ont fait descendre mon petit studio Mumuse à Cannes pour créer des contenus pour tous les influenceurs et égéries qu’ils avaient là-bas donc j’ai shooté pleins de gens en stop motion dont des grandes stars comme Eva Longoria et Elle Fanning. Ils m’ont vraiment fait confiance de A à Z sur la création de ces petits contenus et j’ai été hyper reconnaissante et surprise et heureuse qu’on puisse me confier des trucs comme ça alors que je pars de rien, et c’est cool.

Tu conseillerais quoi aux femmes qui veulent se lancer dans l’entreprenariat ?

Pleins de choses, déjà : oser assumer ses choix.

J’avais envie de me lancer dans le métier de freelance, tout mon entourage me le conseillait pas, y compris mes parents, mon copain de l’époque. Mais j’ai osé et ça a été payant car je n’ai pas regretté une seule seconde, maintenant je fais un métier et je suis super épanouie.

Savoir prendre des risques, oser les prendre va de pair et aussi, s’amuser. Ce qu’il y a de plus important dans la vie je pense c’est être épanoui et prendre plaisir à ce que l’on fait. Donc, s’écouter et faire ce qui nous rend bien. Après, cela dépend de son tempérament et son ambition, mais pas courir après l’argent à tout prix, s’écouter.  Par exemple, là, j’ai pas mal réfléchi ces derniers temps parce le studio grandit énormément mais j’ai envie qu’il reste petit, même si ça pourrait être génial de développer une grande agence mais je pense que ça me rendrait pas heureuse. Donc, c’est savoir faire la part des choses entre l’ambition et le bien-être, et avoir de la résilience. Ça arrive que ça merde mais il faut savoir se relever. Parfois les clients sont pas contents par exemple hier, j’ai eu un mauvais debrief, j’ai eu mal au cœur mais ça t’aide à t’améliorer. Pareil, les box ça a pas été le succès escompté mais ça nous a permis d’apprendre pleins de choses et finalement le temps et l’argent investi ne sont pas perdus et on recommence à zéro avec un autre projet mais tout ce qu’on a appris avec la box va nous servir.

Tu penses quoi de la place des femmes à travers ton statut de business woman ?

Pour moi, ce n’est pas du tout une contrainte d’être une femme. J’essaie de me servir de la petite influence que j’ai pour faire en sorte d’aider des femmes, qui sont 75% des gens qui me suivent, à travers tous les contenus que je fais que ce soit à travers le Do It Yourself, les podcasts un petit peu…  les aider à être elle-même, à être fières de ce qu’elles sont.

On a vu que tu parles beaucoup de réaliser, se réaliser, qu’est-ce que ça signifie pour toi se réaliser ?

C’est se trouver,  trouver son épanouissement, s’affirmer et d’être bien dans ses baskets.

Et ça, même si cela ne répond pas forcément aux standards ou ça ne plait pas forcément aux gens qui t’entourent.

Ça peut être aussi être bien physiquement par la beauté par exemple, d’assumer son identité. Finalement, se couper les cheveux pour moi, ça marche vachement mieux comme ça. Il faut essayer de prendre des risques pour se réaliser.

Manuellement aussi, dans le Do It Yourself, quand tu fabriques toi-même, t’es plus fier de ce que tu fais et au final, ça te réalise, tu portes tes propres couleurs. Ou dans le maquillage, tu portes aussi tes propres couleurs, tu mets en avant tes propres défauts…

Dans quelle mesure as-tu conscience d’influencer les gens ?

Je sais pas. Finalement, 50 000 followers c’est beaucoup, mais c’est pas beaucoup par rapport à pleins d’autres. En tout cas, dans mon quotidien, ça me change rien, il n’y a personne qui me coure après dans la rue !

Je ne sais pas vraiment en quoi j’influence car je suis pas une icône de mode ou une icône de beauté qui fait des tutos. Peut être par la créativité, j’inspire plus que j’influence.

Ces 50 000 followers me permettent de gagner en légitimité dans mon métier car en France, sans formation, c’est pas facile qu’on te donne de la crédibilité et du coup, ouais ça m’ouvre beaucoup de portes et c’est une belle vitrine. Je peux travailler avec L’Oréal et toutes ces belles marques qui me font confiance car elles ont vu mon travail sur Instagram.

Qu’est-ce que ça t’inspire Femme Vibre ?

Vibrer c’est le plaisir, c’est la vie vécue à fond et s’amuser !

Je trouve ça chouette de mêler tout l’univers artistique que ce soit la musique, l’illustration ou autre chose. C’est une belle source d’inspiration et d’encouragement pour les femmes qui se cherchent encore.

Et est-ce que tu as un coup de cœur musical en ce moment sur une femme en particulier ?

Clara Luciani. Déjà, j’adore la personne que j’ai rencontrée que je trouve à la fois douce et généreuse.

Pour moi, elle incarne la femme car elle a vachement de prestance, elle a quelque chose de très fort et c’est une beauté. Elle dégage un truc. La dernière fois que je l’ai vu chanter c’est à la Villa Schweppes à Cannes et j’étais sous le charme dans son regard, dans son attitude et puis évidemment, j’adore sa musique aussi.

Retrouvez Elsa sur son site :

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